14 mai 2007

Manjul : dub to mali 2 "Jahtiguiya"

Manjul, dub to mali 2 Dub to mali 2 : la marque de fabrique de l’Afrique :
Le jour se lève sur le nouvel album de Manjul « dub to mali 2 » sorti il y a quelques jours : le 30 avril exactement et qui fait naturellement suite au premier "faso kanou, dub to mali" qui est sorti en 2005. l'humble ark est de retour... let jah be praised.
Voici donc le nouvel album de Manjul, "dub to mali 2, Jahtiguiya". jahtiguiya, c’est un jeu de mot avec diatiguiya qui signifie "Hospitalité". Un album fait à Bamako au mali ou l’humble ark est installé. On retrouve les sonorités propre à Manjul, sa patte si particulière, tous cela fait dans la plus pure tradition dub. Et ça sonne manjul : pas de souci la dessus. Un album dub roots au message de paix, préparée et mûri, … et qui respire la sérénité.
(Pour rappeler l’histoire du voyage musical de Manjul et de son humble ark studio mobile qui a d’abord existé a Barbès puis a st.Leu a la réunion, avant de s’installer au mali depuis 5 ans, retrouvez l'article ici.)
L’humble ark studio : Un laboratoire musical dont on n'a pas finis d'entendre parler ! Et quelle production, Manjul, revient en racine africaine : fidèle à la basse-batterie du bon dub qui se marie harmonieusement avec la musique mandingue traditionnelle. Avec l'utilisation des véritables instruments maliens issus de l'empire mandingue : n’goni, balafon par Mohammed Fofana, kora, fula flute, violon sokou joué par ses invités sur son album…. On peut ainsi se rendre compte de la richesse musicale des contrées maliennes et de la vibe de Manjul !
manjul
1. "Jahtiguiya" commence par un « chant nyabinghi » sur lequel la griotte Assetou Kanouté est venu posé sa magnifique voix, chanté en malien et en featuring avec dj. Lion. Un très beau morceau :
"Rasta du monde entier, soyons unis et chantons notre nyabinghi, avec l’aide de dieu, il nous libérera du mal".

2. L’album continue avec le bon dub rythmé et festif "22 septembre" : le 22septembre 1960 : le Soudan obtint son indépendance sous le nom du Mali.

3. Puis vient Le 3 ° morceau "Djala male", sur lequel Adama Yalomba vient chanter, un excellent dub aux accents world music.

4. Le titre qui suit, "jahtiguiya" du nom de l’album, commence par une ambiance atmosphérique pour introduire un dub aux accents mystérieux, ce dub trace tout un chemin : d’hospitalité et d’accueil… il nous emmène vers 2 titres qui se suivent "djoliba" et "baja" qui comme dans « chant nyabinghi » le premier morceau font appel au chant d’Assetou Kanouté… Deux très beaux titres …qui nous emportent…

5. "Djoliba" est un dub qui parle de la préciosité de l’eau :
"Prenons soin de l’eau, de cette eau, Prenons soin de l’eau, cette grande eau, Sans l’eau il n’y a pas de vie…. "

6. " baja"est un titre qui encourage au travail, un get up stand up malien !
« Ne voyez-vous pas ? C’est le travail qui satisfait, levons nous, décidons nous, travaillons. Hommes et femmes, mettons-nous au travail, attachons la ceinture, dieu est le roi tout puissant dieu ne dort pas dieu ne donne pas sans cause »
"Ne voyez vous pas ? C’est le travail qui satisfait, levons-nous, décidons-nous, travaillons. Hommes et femmes, mettons nous au travail, Attachons la ceinture, dieu est le roi tout puissant, dieu ne dort pas, dieu ne donne pas sans cause… "

7. "causerie de flûte" est un morceau de flûte africaine, une des plus belle du monde : écouter simplement !

8. "not an easy road" est chanté par le nigérian bishob, qui raconte son périple qui l’a fait atterrir à Bamako alors qu’il souhaitait passer la frontière de l’Espagne. « Ce n’est pas une route facile », …

9. "wanted" et "free the colonized", les deux titres qui suivent sont deux dub aux accents de libération qui sonnent jazzy. Wanted, a free dub jazz

10. et " free the colonized ", une libération. Avec un thème entraînant pour le refrain, développement au saxo et flûte. Un super morceau.

11. "i am a freeman" est le dub-reggae de l’album, sur lequel le guinéen takana zion vient poser sa voix.… pour information, l’album de takana zion produit par Manjul sortira cet été sur le label Makasound.

12. "Kohba" un dub manjulesque avec flûte et balafon.

13. suivi du très bon " spread the goods things" avec un apport de cuivre et à la rythmique ska, un morceau entraînant sur lequel il est impossible de ne pas danser !

14. L’album se termine en beauté avec "dub the borderlines" sur lequel Adama Yalombo vient chanter avec sa voix magnifique.

manjul Un voyage musical qui fait du bien dans le paysage dubesque bouffé par l’utilisation excessive des machines. Et qui en a le plus souvent perdu son âme de reggae blues. Un album vrai, bien rythmée qui nous laisse cette impression d’être toujours en train d’avancer… et un son très africain, un peu plus plus que le précédent et naturellement strictly roots and culture. Le son du mali est présent dans tous l’album, un dub mandingue vrai et original.
let's dub to mali !
Du très bon Manjul, a déguster aussi en concert le 30 mai au glazz’art à Paris !
Et on se quitte avec la dernière phrase de Manjul écrites dans les remerciements sur l’album :
"All the people working for more equal rights and justice in the world.”

10 mai 2007

Kom Zot interview

luciano mabrouck Interview de Luciano mabrouck, le chanteur de Kom Zot, le groupe de reggae phare de la réunion qui détiennent la

" la recette" :

Tout d'abord Luciano est ce que tu peux te présenter ?

Je suis né à saint Denis de la Réunion (974) en 19970. pur produit du chaudron et auteur –compositeur et interprète du groupe KOM ZOT


kom zot

Peux-tu nous parler de KOMAN NA FÉ et de comment KOM ZOT est né ?

Koman Na Fé était mon premier groupe, on faisait du maloya électrique. Un moment j'étais à la recherche de nouveaux musiciens alors j'ai rencontré Michel ANDAMAYE (bassiste) qui m'a présenté Pascal GAPS (batteur).les répétitions ont repris mais sous l'influence de ces deux nouveaux membres, c'était des reprises de Bob MARLEY, Steel Pulse, Aswad.qu'on pouvait entendre dans les locaux du case du chaudron. Trouvant une parfaite entente musicale à travers ce rythme de reggae, j'ai proposé une composition "Tro Maler", qui changera l'orientation du groupe. Avec le retour de Guy Noël ALEXIS qui était présent lors de la première aventure, un nouvel état d'esprit était né et on la baptise KOM ZOT Car, après les émeutes de 1991 au Chaudron, il ne fallait surtout pas dire que tu habitais au chaudron, automatiquement on te collait une étiquette de "KANYAR" sur le dos, synonyme de "VOYOUS" etc... N'étant être d'accord avec ces préjugés et voulant surtout rétablir une image positive de notre quartier, le groupe a clamé haut et fort son origine. Avec ce nom, "KOM ZOT", qui se traduit "comme les autres", on voulait démontrer que les habitants du CHAUDRON sont comme ceux des autres quartiers, ni plus, ni moins.

kom zot

Vous êtes en train de préparer un album ou ça en ait ?

On va faire les mixes, la sortie est prévue pour début juillet si tout va bien.

Avez-vous déjà choisit le titre ?

Oui, c'est FÉ IN ZÈS qu'on peut traduire par faites un geste. On croit encore en l'homme en son intelligence, on fait donc appel à son humanité, à sa raison pour que les choses changent.

Et y a-t-il des changements, par rapport aux précédents ?

Je ne dirais pas changement mais évolution, car c'est le but du groupe. En fait. Pour la réalisation de ce nouvel album, on a fait appel à Tyrone DOWNIE ex-clavier et arrangeur de Bob MARLEY qui a travaillé aussi avec Burning Spear, Peter Tosh, Tiken Jah Fakoly, Israel Vibration, Alpha Blondy, Tonton David etc....

Et une tournée de prévu, vous aimez la scène :

Tout pour la scène, on fait tout ce qu'on fait pour pouvoir être le plus souvent et longtemps possible sur scène à partager des vibrations positives avec notre public, c'est la ou l'on se sent le mieux. La scène est notre but.

Quels sont les meilleurs souvenirs sur scène ?

Il y en a Énormément, avec toutes les premières parties qu'on a faites, les concerts de Kom Zot Family, les dix ans de Kom Zot au stade de l'est, mais le plus mémorable reste la tournée française qu'on a effectuée en première partie de The Gladiators, on en redemande.

Va-t'on vous voir bientôt en métropole ?

Il y a de forte chance, on y travaille, Inch'alla !


Peux-tu nous raconter la rencontre avec Albert GRIFFITHS et la collaboration avec les gladiators ?
En 2000 on a fait leur première à la partie Réunion sur la scène de la ravine Saint Leu, Albert m'a invité à chanter un titre avec lui et je crois qu'il a bien aimé notre musique puisque' à la fin de la chanson, il a dit en me le hissant le bras « great singer, great band the Kom Zot » et sa sincérité, il nous la prouvé en 2004 en nous invitant à faire la première partie de sa dernière tournée à la tête des GLADIATORS. Un featuring sur votre nouvel album est prévu ? Oui, sur le titre « Sons OF The Almighty (Father) » avec Al Griffiths (Lead vocal des Gladiators) dans les chœurs il y a aussi Gallimore SUTHERLAND et Ruddlowe ROBINSON (Original Gladiators) , et sur la chanson intitulée « Ini Anou (Enfant d'Afrique » c'est naturellement Hass KEÏTA qui nous fait cet honneur


Comment est la scène reggae a la réunion en ce moment ?

Depuis toujours elle est occupée par Kom Zot et trois autres groupes qui résistent malgré tout les difficultés, il y en a beaucoup qui se sont formé mais n'ont pas duré. En revanche, depuis quelque temps il y a une nouvelle génération qui monte et ça nous fait du bien, ça prouve que notre persévérance porte ses fruits.

Es ce que tu es rasta ?

Je ne me suis jamais posé ce genre de question car j'ai une vie à vivre, je fais donc confiance en mon inspiration, mon but n'est pas de paraître mais d'être et je suis réunionnais. La Réunion c'est la famille, le mélange de culture, de race, de religion. One love,one heart let's get together and feel all right, c'est le message même du plus célèbre des rastas. tout ça se tienne.


Comment est la situation pour les gens de st. Denis ?


Malgré plein de réussite au niveau culturel, intellectuelle et sportive, on doit sans cesse faire nos preuves , on a l'impression de ne pas être considéré à notre juste valeur, cette situation fait que la marmite bout toujours. La précarité fait beaucoup de dégât beaucoup reste à faire. Nous on est là pour ça, pour construire un avenir meilleur pour nos enfants qui grandissent de ce quartier qu'on aime tant. Nous sommes des gens de Saint Denis, C'est vrai que le chaudron est comme une ville dans la ville, le constat est le même. À notre niveau, on essaie de rendre la vie plus agréable autour de nous. kom zot Vous avez lancez une maison de production qui s'appelle MaronRprod : Quels sont les artistes qui ont été produits et les projets à venir ?

MaronRprod a été créer pour aider à la promotion du reggae made in Réunion, nous avons produit Jean-Louis LEON en 2004 qui a été désigné « révélation masculine 2004 » et Kom Zot Family 974 reggae en 2005 considéré comme l'album événement est désigné meilleur groupe de la musique soleil 2005 à venir le nouvel album de Kom Zot, Fé In Zès . Nous aimons aussi les échanges, avec KOM ZOT les projets ne manquent pas, mais il faut trouver le temps.


Es ce que tu pourrais nous dire un passage de l'un de tes textes, un refrain en créole et nous l'expliquer (ou traduire) ?

C'est un extrait de « Rebel Kabaré » qui est aussi le titre de notre premier album, qu'on peut essayer de traduire par : rassemblement de rebelle Alors, essayons !


Vyin dan mon géto si ti vé get o ,


Vyin kri ton pansé dann régé sité.


La pwin gétapan pou twé la dann rebel kabaré.


Sak nou la dan, nou son bann zafan


Pa promès ni lanzan, mé zis in pé lo tan


Pou ékouté nout kozé, la dann rebel kabaré


Nou vé pa la gèr, nou vé nout bonèr


Viens dans mon ghetto, si tu veux être libre,


Viens exprimer haut et fort ta pensée,


dans le chaudron, Il n'y a pas de guet-apens ,


là, dans ce rassemblement de rebelle.


Ce qu'on veut nous, les enfants du chaudron.


Ce n'est pas des promesses ni du fric.


Mais juste que vous preniez le temps de nous écouter là dans ce rassemblement de rebelle.


On ne veut pas la guerre, on veut juste le droit de s'épanouir.

Comment a tu connus la musique reggae ?

Le reggae a toujours été présent dans mon évolution. À la maison, mon père avait trois vinyles (33 tours) que j'écoutais souvent Uprizing de Bob Marley, Sinssimilla de Black Uhuru et true democry de Steel Pulse. Je pense que c'est parce que le maloya et le reggae mènent le même combat. Pour un réunionnais, c'est naturel

"are you reggae":
Comment est tu venu au chant ?

Pendant un moment de convalescence après un accident au foot, avec quelques copains, on a décidé de monter un groupe et apparemment j'étais celui qui était le plus apte à prendre le micro et de plus j'avais les chansons.


Merci Luciano MABROUCK, merci à Kom Zot, continuez à faire du bon reggae musique ! Je vous laisse le mot de la fin :

Merci à tous ceux qui nous ont fait confiance, notre force est en vous. Le Nouvel arrive bientôt nous comptons sur vous pour l'accueillir comme il se doit. Nou artrouv.


Bless !
kom zot Interview by yogi.

04 mai 2007

Dolé interview

felwine Interview du groupe Dolé à travers son chanteur et fondateur : Felwine, le 28 avril 2007 à Orléans.
Merci de nous accueillir chez toi Felwine,
Tout d’abord es ce que tu peux te présenter ?
" Je m’appelle Felwine, je suis le chanteur du groupe Dolé, je viens du Sénégal, ça fait 15 ans que j’habite Orléans. "
Es ce que tu peux nous présenter le groupe Dolé :
" Actuellement dans le groupe il y a Alassan à la basse, Abdel a la batterie, Christelle au chœur, Fred au sax, Christophe au trombone, David au clavier, Greg à la guitare, et j’oublie pas l’ingénieur son qui s’appelle Sher.
C’est une équipe de 9 membres en tout. "

dolé Comment à commencer l’aventure Dolé ?
"Notre aventure musicale a débuté en 1993, donc en fait on s’est rencontré dans une résidence universitaire : « Les châtaigniers », on été des musiciens qui venaient d’horizons divers, le Bénin, l’Algérie…
Donc on a commencé à jouer ensemble, on a trouvé un local de répèt. Au départ c’été juste pour jouer ensemble et petit à petit à émerger je dirais, une identité reggae.
On s’est tous retrouver à travers cet héritage la
Et le deuxième aspect est qu’on avait envie de dire des choses engagées socialement donc le reggae nous a semblé un support pour dire ces choses là et l’aventure a démarrée.
Et ce qui est intéressant dedans, c’est qu’au départ on n’avait vraiment pas idée de ce que ça allait devenir,puis petit à petit c’est devenu de plus en plus gros, de plus en plus sérieux, et de plus en plus important dans nos vies. "
Dolé, "Netzarim" :


Qu’est ce que veux dire Dolé ?
"Être fort.
La force en wolof, une langue qui est parlé par pratiquement tout le monde au Sénégal.
Mais c’est la force dans le sens :
Force spirituelle, la force que crée l’union d’un groupe
Les gens qui arrive à vivre ensemble en harmonie deviennent fort.
C’est dans cette idée là."

dolé les mots du récit Les album de Dolé :
dolé "On a fait un album en 2000, le premier qui s’appelle "Civilisation ou barbarie".
2005 On a fait un deuxième album qui s’appelle : "les mots du récit".
Et là actuellement on travaille sur un troisième album.
Donc on en a fait 2 produit par Guelwar Prod., un label indépendant et le dernier a été produit distribué par Codaex. C’est un distributeur qui distribue en France et en Belgique du jazz et du classique.
Ça ce sont les albums."
Les scènes , je dirais, on a à peu près 350 ou 400 dates sur un douzaine d’année dans toute la France qui vont du bar à la salle comme l’astrolabe, les festivals , les premières parties voilà.
Et la récemment on a joué au printemps de Bourges. "
felwineLes meilleurs souvenirs de concerts :

"Plein d’endroits
L’Astrolabe à Orléans c’est bien.
Le couleur café, c’est bien.
A Bordeaux au C.A.T. (cercle des arts traditionnels)
on se rappelle que c’été bien
Au Tryptique à Paris c’est aussi bien
Il y a une salle qui s’appelle la Route du Rhum à Nantes.
Donc il y a plein de très bons souvenirs.
Généralement on aime bien être sur scène,
Et globalement je dirai la plupart du temps on s’éclaté et ça le fait.
Le dernier concert aussi il été bien, au printemps à Bourges c’était bien aussi."

Vous avez déjà choisit le titre du nouvel album ?

"Moi je pense à African man.
Donc c’est un scoop mais j’ai pas encore dit au gars.
Mais faut la débattre avec les gars, moi j’ai envie de l’appeler African man.
Donc l’Africain. "

Des changements dans le nouvel album ?

"Oui Il y a un changement notable qui est de dire que les premiers albums étaient très engagés socialement et politiquement.
Celui ci, il l’est un peu moins au premier degrés, il l’est toujours au deuxième degrés. Mais il est plus musical, l’engagement est moins frontal.
C’est pas voulu, cette époque a fait naître ces chansons là, c’est une évolution normale naturelle, Il n’y a rien de calculer."

felwine Et la scène musicale à Orléans ?

"Je vais parler de la scène musicale afro et musique du monde.
On a fait un concert à l’astrolabe en début d’année avec tous les groupes.
Elle est riche, dynamique et talentueuse.
Vraiment.
Moi même j’étais le premier surpris.
Parce qu’on a fait jouer des groupes de reggae, des groupes d’afro et des groupes de hip hop qu’on ne voit généralement pas sur la scène parce qu’il y a des préjugés.
Les programmateurs des salles ne veulent pas les programmés parce qu’ils craignent des embrouilles.
C’est une scène très riche, très dynamique, et je regrette moi personnellement sur Orléans qu’elle n’est pas plus de lieux d’expressions.
à Orléans c’est a dire Dolé joue a l’Astro. Remna joue à l’Astro, vous voyez…
Mais il y a plein d’autres groupes qu’y sont hyper intéressant, qui n’ont pas accès aux scènes ici quoi, parce que voilà quoi,
Ça on le regrette,
Réellement
Mais c’est une scène dynamique et riche
Et je dirai c’est une scène qui a fait évoluer le paysage musical Orléanais, qui été quand même très rock,
Et je dirais il y a 15 20 ans les africains sont arrivés et les gens du monde entier
Donc ils ont ramenés une autre vibes, une autre vibration qui est intéressante
Et je trouve que cette musique la elle fait également aussi partie du paysage musical Orléanais
Sauf qu’officiellement elle n’est pas représenté mais dans l’underground elle est la
Puis elle est vraiment riche."


Quels sont ces groupes qui font la scène orléanaise dont tu parles ?


"Wallyaan", " Remna ""Ilam"
Donc Wallyaan c’est de l’afro blue up,
Remna c’est de l’afro,
Ilam c’est de l’afro : Afrique de l’ouest
Il y a des rappeurs comme "manigance", "45 terroristes"



Tu ne chantes pas seulement en français ?

"Je chante en Wolof, en français en anglais, et en sérère et des fois en langue arabe un peu.
Le premier album j’ai beaucoup chanté en Wolof,
Le deuxième plus en français, je dirai un quart en wolof deux quart en français.
Et le troisième album qui arrive il est plus afro.
Y a 5 titres en français et le reste c’est en wolof et en anglais."


Dolé, " soumbedioune blues" :


Comment as tu appris le Sérère ?

Parce que je suis de l’ethnie sérère.
Au Sénégal il y a à peu près une dizaine de langue nationale
Wolof, Sérère, Diolas, Toucouleurs,
Mais le Wolof la particularité c’est que tout le monde comprend le wolof
Généralement les gens parlent français walof et une autre langue
Soit sérère soit djoula soit Toucouleurs.



Donc tu ne viens pas de Dackar ?

"Non, j’habite Dakar puisque mes parents y travaille mais on vient des île du Saloum c’est dans le centre ouest."


Quels sont les musiciens qui t’ont influencés ?

"Bob Marley bien sûr.
C’est un cliché mais au delà du clichés, le message spirituel, social et politique très fort, tu vois J’insiste là dessus.
Mais surtout le message textuel et l’attitude.
C’est quelqu’un au delà du cliché quoi qu’on dise, qui a incarné une révolte, et une inspiration pour tout un peuple.
Je retiens ça de lui.
Et généralement dans l’héritage reggae globalement c’est un des seuls dont je me réclame.
Après des groupes africain je dirai Niominka bi, c’est un groupe qui est a Bordeaux, c’est des grands frères sénégalais, et je respecte beaucoup leurs démarches.
Ils ont fait 4, 5 albums depuis 20 ans, ils sont authentiques.
Ils sont dans la non-conformition.
C’est pas Pier-Paul-Jack, ça ne cartonne pas comme Pier-Paul-Jack, mais ça déménage 5 fois plus, et y a plus de vibes.
Alpha Blondy j’ai écouté à une époque parce que j’été plus jeune.
J’aime certain des albums mais je trouve c’est inégal, certain sont top d’autre ils le sont moins. les derniers arrivés, Tiken jah fakoly je respecte.
Dans la démarche l’attitude.
Donc ça c’est dans l’héritage reggae.
Mais je dirai au delà du reggae d’autres artistes nous inspirent
Dont Certain sont issues de la chanson française, bon texte,bon esprit tu vois.
D’autre du jazz, Miles Davis et tout ce qui se fait de bon .
Tous ce qui se fait dans le sens d’une démarche artistique authentique et où les gens parlent avec leurs tripes.
Et ils ont quelque chose à dire ou ils ne sont pas dans la compromission avec l’industrie du disque.
Du consommable et jetable,
Tous les artistes qui ont une démarche d’exprimer quelque chose d’authentique, ils nous inspirent.
Surtout dans un monde où il faut résister contre la normalisation, contre la consommation de l’art en objet consommable, rapide.
Où vraiment il faut avoir une démarche esthétique qui en même temps est une démarche d’engagement.
Donc tous les gens qui ont cette démarche la nous on est ok."


Felwine, alassane,dolé

Et la scène sénégalaise ?

"Je suis vachement.
C’est une scène qui est dynamique.
Il y a bien sur les grandes star, Youssou N’Dour, … tout ça
Mais le mouvement hip hop il est très riche et très dynamique
Le mouvement reggae il l’est un peu moins car il n’y a pas de groupe phare
Il y a des gens qui le font mais y pas un grand groupe, par exemple si Niominka Bi était au Sénégal, je pense que ça se passerait autrement.
Et généralement la jeunesse sénégalaise, je dirai et c’est pas du chauvinisme, très talentueux musicalement, les musiciens sont très bons, les chanteurs sont bons et en plus comme le Sénégal c’est un pays qui est en mouvement, ça bouge tu vois,
C’est un pays qui est en mouvement.
Ce mouvement il se reflète dans les expressions artistiques, c’est hyper intéressant
Et on aimerait bien avoir un label qui va chercher des groupes la bas,
Qui crée des combinaisons, les produire, les faire venir ici :
Donc crée des ramifications,
On a cette idée là en fait."


Dolé, "cette Afrique":

Comment est tu venu au chant ?

"Par hasard
Avant j’écrivais des textes,
J’ai toujours été intéressé par la démarche d’écriture depuis que je suis mome,
Ecriture de texte, de poésie, de nouvelle et parallèlement je joué de la guitare et du piano.
Mais je ne chantais pas.
Quand je suis arrivé en France on a monter un groupe dont j’étais guitariste et on n’avait pas de chanteur donc je m’y suis mis et de fil en aguille je suis devenu chanteur.
Mais au départ j’étais pas chanteur donc je dirais un peu par hasard.
Je pense que c’est un moyen d’expression. Expression écrite et plus tard la musique aidant le chant a pris le relais.
Voilà ."

dolé

Je te remercie felwine, et souhaite le meilleur à tout le groupe dolé…

"À toi aussi, je t’encourage dans ta démarche "

Et je te laisse le mot de la fin :

"Je vais encore être un peu militant .
Ce que j’ai envie de dire globalement on assiste à un effondrement des ventes de disques, des majors qui se plaignent.
Il me semble quand même que la démarche artistique est une démarche de résistance.
Et à tous les groupes qui ont cette démarche là, je dis faut pas qu’il lâcher l’affaire, il faut qu’il tiennent le coup et qu’ils sachent que leur œuvre elle est d’utilité publique.
En face on a une très grande force de frappe qui est dans la production de ce que j’appellerai une culture de masse de très bas niveau ou on éduque les gens à ce qu’il y a de plus bas.
Et je pense que c’est la mission des artistes dans une société, d’essayer d’inspirer, d’émouvoir que ça marche ou que ça marche pas on s’en fout, ça c’est autre chose.
Mais l’œuvre artistique c’est de faire une œuvre qui inspire et qui émeuve d’abord. Si ça marche tant mieux, mais l’essentiel c’est quand même d’avoir ça.
Donc si j’ai un message à transmettre
C’est bien celui ci, que les artistes soient rigoureux et intransigeant dans leur travail,
C’est ça qui est important. enfin pour moi." Felwine", Dolé. interview by yogi.

25 avril 2007

Lucien Millard interview

lucien Millard
Lucien millard a gentiment accepté de se prêter aux jeux des questions pour roots and culture, afin de parler de sa musique, des Antilles, de ses projets…
Saluons sa musique et son 2°album "hier et aujourd’hui" ainsi que sa disponibilité et son implication. Je vous invite à découvrir son site : Lucienmillard.com où vous trouverez tous ce que vous souhaitez savoir comme sa bio, ses news, ses dates de concerts ...
"femme du soleil":

Tout d’abord Lucien Millard, es ce que tu peux te présenter ?
Je suis originaire des Antilles, né à Fort de France et j'ai grandi à La Trinité. Je suis auteur, compositeur, interprète et arrangeur.
je suis musicien depuis toujours et pour toujours. La musique c'est ma colonne vertébrale, l'air que je respire, ma raison de vivre. Elle est le bateau qui m'a emporté dès mon plus jeune âge. Grâce à elle j'ai découvert de nouveaux rivages et fait des rencontres extraordiniares. La passion pour la musique est un cadeau inestimable que m'a fait la vie.

Tu es en train de préparer un nouvel album, peux tu nous en parler ?
Préparer est le mot qui me convient car je suis comme l'artisan je prends mon temps pour faire les choses, je soigne chaque étape. On me dit souvent que je suis perfectionniste, je le suis par respect pour le public et pour moi-même.
J'ai mis deux ans à terminer mon dernier album et encore parce que mon entourage m'a lancé un ultimatum.
je dois sentir l'harmonie des rythmes et des sons, il faut que ça coule agréablement.
J'aime faire écouter mes maquettes, recueillir les réactions. Ainsi j'ai ajouté un nouveau titre sur mon site "sé sa yo lé" et je serai ravi d'avoir les réactions des internautes. Il figurera sur le prochain album mais aura certainement subi quelques modifications.
Je ne connais jamais à l'avance le style de mes prochains morceaux. J'ai de la chance, je fais tout moi-même ce qui me permets de ne pas avoir la pression.

Y a t’il des concerts prévus pour cet été ou la priorité c’est l’enregistrement ?
Auparavant je ne faisais que de la scène et j'ai créé de nombreux groupes. J'ai eu envie de faire une pause. J'ai réalisé un premier 2 titres.
Cela a aiguisé ma curiosité et je me suis intéressé aux techniques d'enregistrement et de mixage. Maintenant j'alterne scène et studio (installé chez moi) selon les propositions et mes envies de composer. Le champ musical ouvert est immense quant au travail sur les sons.
Pour la scène j'ai trouvé un excellent partenaire martiniquais et ça roule.

Tu viens des Antilles, de la Martinique, mais aussi de Trinité ou tu as vécu dès ton plus jeune age, quelle influence cela a t’il eut sur ta musique ?
Lorque tu quittes ton pays natal, tu en emportes toujours un morceau avec toi. Je peux dire que la musique antillaise est le terreau, la source à laquelle je puise.
Dans un premier temps il te manque et ensuite tu le rends présent et proche par la musique. C'est comme si tu n'étais jamais parti.

Percussionniste mais aussi fabriquant d’instrument, comment en est tu venus a fabriquer tes propres instruments, et quels instruments fait tu ?
A l'origine, l'homme utilisait des éléments naturels comme instruments : coquillages, bois, graines, peaux...., mains, pieds, ....
Enfant, je fabriquais des instruments en cachette car ma famille ne voulait pas que je devienne musicien. A l'époque, le métier d'instit par exemple était mieux accepté!!!
J'ai gardé ce goût pour la fabrication de certains instruments (cha cha, syak (2 baleines de parapluie dans un manche en bois et une bombe d'insecticide martelée avec un gros clou). Mais tu peux aussi utiliser un couvercle en fer, un tambour de machine à laver, etc...tout dépend du son que tu recherches.
je suppose que c'est comme ça que sont nés les bâtons de pluie, les tambours, les cha cha....
Lucien MIllard


"mazouk":

Peut tu nous parler de la particularité des percussions de la Martinique et de trinité, en quoi sont elles différentes de celles de cuba ou de la jamaique par exemple ?
Je ne suis pas vraiment un spécialiste mais je crois savoir que les congas cubaines s'appellent aussi tambours congos et que le joueur est un "congero". Ses origines semblent être les tambours congolais N'Goma (amenés par les esclaves) et ont remplacé des instruments plus rudimentaires tels les "cajones" que l'on retrouve aussi en Espagne. Ce tambour a évolué, en un fût long et renflé. On évoque aussi l'arbre-tambour lorsqu'on évoque l'histoire des congas latines. Les spécialistes évoquent des différences dans la frappe des mains, dans les sonorités (le gordo grave, le quinto aigü, le secundo moyen), dans les rythmes et les danses qu'ils accompagnent (tango, rumba, salsa...)
Les sources des congas et du ka sont africaines. chaque tambour a ensuite évolué en fonction des contextes et des situations des populations locales.
Le Ka évoque aussi la mythologie égyptienne (le double, le monde des esprits).Il est très fortement lié à l'histoire des esclaves et était considéré comme une musique de "vié neg". c'est une expression que j'ai lue et qui marquait un peu de mépris. Heureusement les choses évoluent et le ka retrouve sa noblesse.
Le gwo ka a permis aux esclaves de parler, de s'exprimer, de résister, il leur a redonné de la dignité et de la liberté.

Qu’est ce que cela signifie pour toi de jouer du tambour ?
Et qu’est ce que le ka pour toi ?
C'est la voix de mes ancêtres qui résonne en moi et pour les autres. Cette voix dit "plus jamais ça". Il résonne des chants et des rythmes libérateurs.
C'est plus qu'un instrument , il a participé, avec la langue créole, à la naissance de l'identité antillaise.

En général dans tous rythmes il y a des claves, quelles sont les claves que tu utilisent pour accompagné le tambour (clave en bambou ?)
mon camarade musicien, Sylver, joue du tibwa sur un gros bambou, de la cloche, des percus, chant, fait du vocal. Il est le spécialiste de pleins de petites percussions.

En parlant de percussion, peut tu nous parler de la formation Gwo ka sound group ?
Avec Sylver cabrimol, nous revenons à une musique plus traditionnelle, plus épurée (percussions, tibwa, cha cha), chant
Sylver est également martiniquais et nous jouons sur le même registre nous n'avons pas besoin de nous parler longuement pour nous comprendre.
Pour les grandes scènes nous faisons appel à un musicien et une musicienne réunionnais qui ajoutent les rythmes du Cap Vert.

Quelles sont les origines africaines de ces rythmes, le vodou ? Le Yoruba ?
Imagine une multitude de petites rivières qui, en se rejoignant, forment un grand fleuve vigoureux. Voila comment j'imagine la naissance des tambours et des rythmes antillais. Ils ont été la voix des esclaves.
Mélange un peu de mythologie égyptienne, des cultures venant d'Afrique, une langue nigero-congolaise, des coutumes locales existantes déjà, tu comprends que rien n'est jamais pareil ni tout à fait différent. Ce serait compter sans l'intelligence, la créativité, l'ouverture des peuples. Tout cela fait que pour moi la question des origines n'est pas centrale. J'ai reçu un héritage musical quelques fois il émet des incantations, quelque fois il crie de rage, quelques fois il invite à la danse et souvent c'est tout cela à la fois.

Tu a fais des cours de percussions en France, devenir enseignant est un passage particulier pour un musicien, comment se passe tes cours, tu as une méthode particulière ?
J'ai un but faire comprendre aux éléves que ce n'est pas l'instrument qui fait le musicien
qu'il est inutile de se ruiner pour devenir un bon percussionniste.
Ils doivent apprivoiser leur instrument, apprendre à le connaitre, instaurer une sorte de lien avec lui comme s'il était le prolongement de son propre corps, comme s'il était l'écho de son propre rythme. N'importe qui ne peut pas jouer de n'importe quoi de but en blanc. Il y a donc d'abord un rite de reconnaissance, de ressenti des vibrations de la peau.
Après lorsque ce travail est fait, on peut passer au jeu avec lui.
J'ai imaginé une méthode "le bonhomme musicien" qui développe la créativité, l'imagination, le sens du groupe chez les futurs percussionnistes.

J'ai lu dans ta bio que tu as été coupeur de canne, es ce que quand on coupe la canne on est transporté dans le passé ? (celui des esclaves qui faisaient ce travail sous la contrainte)
Je vais t étonner, je n'ai pas ressenti cela sur l'instant. Par contre quand je joue avec mes percus ces images reviennent et prennent du sens.

Le passé de l’esclavage est fort et toujours présent dans le cœur des martiniquais non ? Mais N’est ce pas encore une source de division pour les antillais ? Certain voulant oublier et d’autres au contraire voulant encore faire vivre le feu sacré des ancients…
Quand un homme perd la mémoire il doit tout réapprendre même les gestes et les connaissances basiques.
Si nous oublions le passé de l'esclavage, avec les souffrances, les humiliations mais aussi le courage, la révolte, la lutte qui l'accompagnent, nous nous privons d'un héritage douloureux certes mais combien précieux.
ce passé c'est celui de l'humanité toute entière car la liberté des peuples se construit par des batailles féroces, des victoires éclatantes. La liberté ça se donne quelques fois mais ça se prend aussi le plus souvent.

Tu es aussi un pécheur, qu’est ce que l’on pêche à la Martinique (et trinité) ? Il doit y avoir des poissons qu’il n’y a pas en métropole.
j'ai été un mauvais pêcheur mais cette expérience m'a appris certaines choses : le respect de la nature (une mer déchainée apprend l'humilité) et la solidarité. Chacun a un travail à faire et la vie des uns dépend du sens des responsabilités des autres. Quant aux poissons j'avoue qu'avec moi ils ont coulé des jours tranquiles !!!

Et puis finalement un départ des Antilles pour la métropole où tu enrichis ton répertoire d’influences comme la techno, musicalement es ce que ce fut un tournant pour toi ?
En métropole, j'avais 19 ans, j'ai découvert le reggae, le rythm' and blues, je me suis lancé comme un fou sur ces rythmes et j'ai crée un foule de groupes pour les jouer. Je me souviens de cette époque où les groupes poussaient comme des champignons !
Beaucoup plus tard, un animateur de radio m'a demandé d'animer des soirées techno et house. J'ai sauté sur l'occasion et je n'ai pas été déçu, bonjour l'ambiance !

Tu vis en France aujourd’hui ou es tu retourné aux Antilles ?
Je vis en France, à côté de Perpignan, je suis revenu pendant 2 ans en Martinique de 1995 à 1997 où je me suis inscrit au CREM (centre robertin d'enseignement musical) et dans une école de musique à La Trinité où j'ai abordé le piano.

L'improvisation :

Pour moi, c'est la base de toute création musicale (j'enfonce une porte ouverte)
J'improvise une ligne de basse ou un rythme percussion et je laisse là quelque temps. Puis me vient une mélodie des fois ça va ensemble, des fois non. Ainsi il m'est arrivé de créer un rythme pour un morceau et finalement il rentre dans un autre parce qu'il vibre mieux.
C'est la musique qui a le dernier mot.

Tu as sortis un 2°cd l’année dernière, « hier et aujourd’hui », qui est une autoproduction, comment c’est passer l’enregistrement ?
Le CD "Hier et Aujourd'hui" est celui de la cinquantaine et résume mon cheminement personnel et artistique. Il évoque l' essentiel de mes valeurs, mes racines, l'amitié, l'amour, la tolérance.
J'ai la chance d'avoir tout le matériel d'enregistrement et de mixage et j'ai pu travailler à mon rythme sans pression.
J'ai failli devenir fou avec la technique mais je pense avoir réussi un équilibre entre les moyens techniques et le live.

Es ce qu’il y a des artistes des Antilles dont tu apprécies la musique et dont tu aimerais nous parler ?
J'ai encore quelques vieux 45 tours de Guy Conquette, Ralph Tamar, Henri Debs, David Martial. Je dois à beaucoup de musiciens d'être devenu musicien moi-même. Je ressens une grande émotion lorsque je les entends.

Quels sont tes musiciens qui ont été une source d’inspiration pour toi ?
James Brown, Bob Marley, Santana, Touré Kounda, Tito Puente, et d'autres sans oublier les jazz men de l'époque des clubs

On sait que ragga, et zouk prennent beaucoup de place dans le paysage musical martiniquais,
Qu’en est ‘il de la scène musicale antillaise aujourd’hui ?

Tout circule facilement à l'heure actuelle, la musique n'y échappe pas et ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Ce que je redoute le plus, c'est l'envahissement de la musique par la technique. Elle la standardise et la "refroidit".

Tes paroles sont souvent en créoles, peut tu nous dire quelques mots en créole ?
mwen ka vreyé bonjou ba zot, tjenbé raid pa moli !

Le créole est une langue très belle pour la musique (pas seulement) es ce plus difficile d’écrire et de chanter en français ?
Je parle spontanément créole lorsque je suis dans une relation détendue et chaleureuse avec une ou plusieurs personnes. C'est une langue d'amour et de paix.
Je parle le français dans mes relations courantes, de tous les jours.

S’il y a un passage d’un texte en créole que tu souhaites nous expliquer ou traduire, un refrain, un bout de texte ?
Frè ya, mété ko doubout, krazé chenn la, pété pak pou bay douvan, fok ou soti adan vyé rèv tala, ......
c'est un extrait du titre "wonm la" qui s'adresse à un de mes amis resté en Martinique. Nous avions révê de courir le monde ensemble.
Malheureusement , ce rêve ne s'est jamais réalisé. Cette chanson lui rend hommage
"wonm la" :

Voilà, merci infiniment Lucien millard, je te laisse naturellement le mot de la fin :
on ne quitte jamais ce que l'on aime, on l'emporte au fond de soi.


lucien Millard Lucien Millard, interview by yogi.

20 avril 2007

Patrick persee, reggae-seggae de la Réunion

Patrick PerseePatrick persee, musicien multi instrumentiste autodidacte, est un chanteur qui mêle a son maloya les influences su sega, du reggae, du blues et des musiques du monde entier…
Il est un rastaman qui s'en est sorti grâce à la musique. Il nous délivre un message de paix à travers ces textes.
discographie:
albums dont "Ti Galet " qui est le premier de Patrick persee. Il sort en 1991 uniquement en k7, il sera réédité en cd seulement en 2002.
"ti galet":
Puis vient l’Album : "Arret' la guer" qui Sort en 1993 chez Discorama.
Il s’occupe aussi de l’album de sa fille Jessica persee "Paradise World" qui sort en 1997.
L’album "Kaya"Est sorti en 2006. C’est un hommage au très regretté Joseph Reginald Topize dit "Kaya", le roi du seggae.
"Kaya" :
Un album aux multiples invités qui a été enregistré en Bretagne.
Patrick Persee, arret la guer
Patrick Persee, kayaPatrick persee nous livre un authentique reggae-seggae réunionnais, tantôt acoustique tantôt électrique, avec en plus les multiples influences musicales et culturelles qu’offre la Réunion, et qui en font une musique riche et varié.
de toute façon "sa ce zot y voi":

Patrick Persee

13 avril 2007

Hommage à Alain Péters : Rest’la Maloya

Alain Peters fut le grand poète créole de la Réunion, et un musicien, parolier, chanteur incontournable du maloya.
alain peters
Alain peters, "mangé pou le coeur" :.
Il est né le 10 mars 1952 à La Réunion qu’il ne quitta que rarement, il n’aimait pas s’éloigner de l’île. Seulement un voyage écourté en France.
Outre le fait que sa musique nous emporte par son blues innérant, Alain était rongé par une mauvaise habitude : l’alcool. (Ah les rhums arrangé)
Il commence la musique dès l’âge de 13 ans en jouant de la guitare dans l’orchestre de bal de Jules Arlanda. Une époque où il se passionne pour la guitare
Son père Edouard Peters , qui était chauffeur de taxi était musicien à ses heures , il jouait de la batterie et de la flûte dans l’ orchestre du saxophoniste Chane Kane.
Une époque hippies, ou la musique des 70° fait sont effet sur le jeune réunionnais qui délaisse les études à l'école des frères Saint-Michel alors qu’il était en seconde pour se lancer dans des groupes comme Soul Motors puis the "Lords" avec les frères Gilbert et Dédé Lebon, puis "Pop Décadence et aussi Satisfaction"en 1975. Tant de tentative musicale qui démontre l’influence en autre de led zeppelin...
alain peters L’aventure du cinéma royal :
Un certain mr.Chan Kam Shu rachète le cinéma royal à st. Joseph afin d’installer des studios de répétition. Sous l'égide de René Lacaille, Alain péters, et d'autres musiciens : il crée le groupe"Caméléons".
Alain péters rencontre un poète réunionnais, Jean Albany, et prend alors conscience de l’importance du créole. Un tournant ou les traditions reviennent au galop.
L’aventure du cinéma royal se termine en 1978.
L’année suivante en 1979 il fonde le groupe "carrousel" :
Carroussel c’est Alain Peters au chant et à la basse, Zoun à la flûte et aux percussions, Joël Gonthier également aux percussions, Jean Claude Viadère au chant et caïambe, Loy Erlich aux claviers et Bruno Leflanchec à la trompette.
En 1980, le père d’Alain peters meurt, ce qui a pour conséquence de le faire plonger dans l’alcool. Il perd tout, sa femme et son groupe le quitte.
"L'était pris dan' c'baton la colle". Alain Peters.
"Sa vie, telle une coulée de lave, a tout brûlé. Il était difficilement gérable. Il était impossible de prévoir une tournée avec lui. Pour chaque concert, il fallait aller le chercher. On ne savait jamais vraiment où d’ailleurs. Il fallait le pister, remonter le fil de sa détresse". rené lacaille
alain peters Enregistrement :
Jean Marie Pirot
, un professeur de math lui propose alors d’enregistrer sur un magnétophone 4 pistes ses chansons. On peut le remercier car sans lui, nous n’aurions quasiment rien comme enregistrement et trace de son art.
Et pendant 1 an Alain est venu tous les matins tôt pour enregistrer. .
Le résultat : une cassette "Romance pou in zézère" avec livret de 60 pages et "Mangé pou le cœur", qui sort en 1985.
alain peters En 1987 : il part pour son unique séjour en France : une cure de désintoxication et l’enregistrement de quelques chansons. Il faudra attendre 1994 pour voir le groupe carrousel se reformer le temps de 2 concerts. Mais Alain Péters est allé rejoindre les ancêtres le 12 juillet 1995. Le poète nous quitte d’une crise cardiaque en pleine rue.
salut l'artiste !
Alain Peters,"mon pois l'est au feu":

Discographie :
Il ne reste de ses chansons que quelques enregistrements effectués dans les conditions assez précaire mais que l’on n’oubliera jamais.
"Parabolèr" sort en 1998 chez Takamba, C’est le seul album disponible d’Alain Péters. Une vingtaine de titres remasterisés,
Alain jouait de sa Takamba, une guitare du sahel que lui avait offerte son ami Loy.
"Moin pas in beau paroler, moin just' in paraboler ! "Alain peters.
"Je ne suis pas un bon parolier, juste un paraboleur".
A signaler un vibrant hommage a Alain Peters, l’excellent album enregistrer à son honneur "Rest’la Maloya", un hommage posthume par le festival Africolor et enregistré par le label Cobalt. Un album Enregistré live au Festival Africolor en décembre 2000, l’album réunit bien sur des proches d’Alain Péters : Loy Ehrlich, Joël Gonthier, René Lacaille, Bernard Marka, Tikok Vellaye et Danyel War, qui reprennent quelques-unes de ses chansons comme "Mangé pour le cœur, Waïo Maman, Plime la Misère, Rest’la Maloya"…
Un autre hommage celui de patrick persee l’album "ti galet, hommage a Alain peters". Ce qui nous montre l’importance du poète maudit dans le cœur des réunionnais.
source : article de Magali Bergès.

Alain Peters, "waïo maman":
.
"Alain, il est immortel, Il a laissé beaucoup de belles choses. C’est une valeur poétique et musicale. C’est quelqu’un que je respecte grandement. C’est un rebelle qui ne pouvait pas s’inscrire dans la réalité. C’était quelqu’un de très commun et hors du commun à la fois. Il chantait sa réalité, son abîme. C’était un vagabond. Il n’a pas d’âge. Je le sais mort depuis longtemps, mais il continue d’être en nous". Danyel Waro

12 avril 2007

proverbe réunionais

"Couler la peau la pas couler lo ker."

09 avril 2007

René Lacaille : l’accordéon de la réunion

rené lacaille René Lacaille est un chanteur et accordéoniste de La réunion, dans la tradition du maloya, et de la culture créole. Un maloya souvent qualifié de world maloya car il s’ouvre aux mélanges musicaux tout en gardant son originalité et son intégrité.
René lacaille "Rien n’est instantané, mais le travail, ou plutôt le plaisir que tu y prends, est toujours payant. Avec un accordéon, tu peux faire la mélodie et la basse. Un peu comme le piano, mais en plus complexe car tu joues sans voir les touches, comme un pianiste aveugle."
René Lacaille est né en 1946 et commença l’accordéon dès l’age de 6 ans, il monta sur scène à 7 ans. Il animait les mariages avec son père qui est pour lui sa première influence musicale : Polka, valse et bien sur séga étaient aux programmes.
Il est multi instrumentiste, car en dehors de la pratique de son instrument favori : l'accordéon, il joue aussi saxo et guitare, batterie et percussions.
rené lacaille Il crée le groupe "caméléon" en 1966, avec le chanteur poète Alain Peters, il a 20 ans. Un groupe qui mélange la musique traditionnelle avec les influences modernes occidentales.
"C’est pas beau, la musique ? Ce soir, on a la planète entière". René Lacaille lors de son 60 ° anniversaire.
Il s’installe en France en 1979 et y vit toujours.Il crée le groupe "Ad-Hoc", à son retour pour la Réunion. Le groupe interprète "Sax Sega" dans lequel il joue du saxo devient un tube dans les années 70 et sera jouer dans tous les avions air france.

Discographie :
René est un musicien qui accorde une grande importance aux rencontres, notamment musicale : Manu Dibango, Higelin, Bob Brozmann, Yuri Buenavantura, Alain Peters et beaucoup d'autres…
rené lacaille Son premier album "Aster" sort en 1996 chez Discorama. Puis vient le tour de en 1999 "Pantanpo" avec la participation de danyel waro. En 2002, l'album"Digdig" réalisé avec Bob Brozman.
Il sort "Mapou" en 2004 avec la participation de son fils Marc et son neveu Yanis. Un album dans lequel rené réunit toutes les influences musicales de l’île. Mapou : de la canne mapou, la plus sucrée des cannes à sucre.
René Lacaille, "5OP"

René Lacaille a beaucoup tourner en concert : à la Réunion puis dans le monde entier.
Il sera en concert le 17 avril à TERGNIER (02) Le 20 à PERPIGNAN (66).
Le 12 mai à ST-ANDRE DE CBZ (33).
Le 15 à MEYLAN (38) t le 25 à CERNAY (68) Trio Accordéons en Escale (R. Lacaille/R. Barbosa/A. Rivas).
"Je ne sais jamais d’avance ce que je vais jouer."
René Lacaille joue un maloya métissée ouvert aux cultures du mondes, il a d’ailleurs prit l’habitude de jouer tout style musical dès son plus jeune age dans les bals, c’est ainsi que le blues réunionnais se mêle à la samba, les influences du jazz et …de l’Europe et de l’Amérique du sud.
René Lacaille,"Lang la":


Selon vous, pourquoi la musique est-elle si présente à La Réunion ?
" Notre île est assez isolée donc on met de l’ambiance et de la musique à l’intérieur. Les gens aiment danser dehors et, pendant longtemps, la musique était la seule chose à faire pour s’amuser. Il y avait bien le PathéPhone, un tourne disque avec une manivelle mais à part ça il n’y avait rien.
On apprenait la musique grâce aux marins qui débarquaient dans le port avec leurs chants. Ils amenaient les airs et on les reprenait sans disques ni partitions. Peu de gens savaient lire les partitions de musique donc, la seule façon d’apprendre des chansons, c’était d’en retenir l’air. Parfois on jouait une partie de la chanson pendant des années et quelques temps après, on apprenait qu’il y a un autre couplet à coller avec. "
Est-ce pour cela que la musique de la Réunion est si métissée ?
" Des airs suédois où d’ailleurs devenaient petit à petit notre propre musique. Par exemple, les valses viennoises, dès qu’elles passaient à La Réunion, on leur faisait une petite "mise en pli", avec du "rouge à lèvre", un peu de "piment", c’est-à-dire qu’on l’arrangeait à notre façon."
Peut-on qualifier votre musique de traditionnelle ?
"Comme pour Danyel Waro, on dit que je fais de la musique traditionnelle mais nos chansons sont d’abord des compositions. Personne n’est réellement traditionnel. En fait, Granmoun Lélé, Danyèl Waro ou Firmin Viry jouent leurs propres musiques avec des rythmiques réunionnaises qui sont celles du Maloya ou du Séga. Comme eux, je n’ai jamais essayé de suivre la mode. Je crois que je suis dans le vrai car beaucoup d’artistes à travers le monde partagent cette vision."
Vous chantez en créole. Pourquoi est-ce si important pour vous ?
"Je ne pourrais pas chanter et composer en français. Je n’ai pas de feeling avec cette langue. Le français est une langue qu’on m’a obligé à parler donc elle est moins naturelle. Pour moi, un mot en créole sonne plus fort dans mon corps. Il renvoie à plus d’images. Parfois, quand je vois certains Réunionnais chanter en Français ça me gêne parce qu’on a l’impression qu’ils ne sont pas dans quelque chose de naturel."

03 avril 2007

Ti Sours, le maloya séga

ti sours, photo de tisours.musicblog.fr Le groupe ti’sours se forme en 1989 à la réunion à st.denis. A la différence de Firmin viry et de Granmoun lélé, ti’sours ne vient pas de familles installés dans les villages de la réunion mais bien de la capitale.
"Je n’ai battu le Roulér que vers 20, 21 ans" Tikok Vellaye.
ti sours,
ti sours album Une musique qui tire sa source du Maloya traditionnel avec un apport de rythme de l’Afrique de Madagascar mais aussi de Cuba. Un mélange musical détonnant, et festif entre séga et maloya, qui lutte pour défendre la Culture et la langue réunionnaise.
Le groupe ti sours :
C’est Tikok Vellaye le leader du groupe. Il vit à st.benoit de la réunion.
Il a commencé la musique à 18 ans.
Il est multi instrumentiste, guitare, basse, et instruments du maloya Rouleur Kayamb1 et Bobre. Et il joue également des instruments venant de Madagascar, et des Comores.
Il fut musicien de Danyel Waro
ti sours album Les musiciens de ti’sours : Musiciens Tikok Vellaye, tiloune vellay, loren dalleau, tieri madelaine, tikoko opta, sésil ducap.
Discographie :
Le groupe Ti Sours a débuté en 1989 à Saint-Denis dans le quartier de la source.
Le 1°album « Ti Pyier », sort en 1994.
Leur 2°album 'Lé Tan po di', sort en 2000.
'Sa Tout po mwin' est le 3° opus du groupe
Ti’sours mêle à leur maloya-séga des influences afro-cubaines.
Une musique qui reste fidèle aux traditions « une base traditionnelle mélangée ».et qui dénoncent l’abandon du créole et les méfaits de la modernité.
ti sours " je pratique beaucoup la religion Malbar4 et Malgache aussi. Dans les cérémonies, il y a des instruments traditionnels qu’on utilise dans le maloya. J’entendais ces rythmes depuis l’enfance, ils étaient déjà en moi. Pour les instruments malbar, je suis allé voir un ami religieux, pour qu’il m’apprenne la finesse de certaines frappes. "
Tu viens d’une famille de musiciens ?
" Oui, mais pas d’instruments traditionnels. Mon père, Georges, jouait de la batterie et de la guitare dans un groupe de variétés et de Séga : Sami. Ma maman, elle, était une très bonne danseuse. Par contre, depuis une vingtaine d’années, mes parents organisent des servis malgas où là, les instruments traditionnels sont bien présents. Idem dans les cérémonies malbar. Les servis ont été mes principales rencontres avec la tradition ; avec aussi quelques 33T et K7 de musiques malgaches qu’on écoutait à la maison et sur lesquels on dansait en famille. Pour moi, le tambour, c’est le respect des ancêtres...Je sais que si je suis là, c’est grâce à eux ! " Tikok vellaye

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